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BIOGRAPHIE - Un peu d’humour |
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Né en 1952, Normand Vanasse a connu le Cours Classique, le chapelet en famille, le pensionnat, et a vu plein de belles images dans le catalogue. Formé à la discipline et au tambour chez Les Fameux Cadets de Shawinigan (1961), puis plus tard à la guitare sur les bancs de parc et autres garages, il a traversé les années 60 et 70 en jouant partout et avec tout le monde au Québec, exception faite de tous les artistes reconnus et de toutes les salles (lire « bars ») de plus de 300 personnes. Toute la musique de cette période est donc profondément ancrée dans sa mémoire cellulaire, même si plusieurs de ses neurones furent perdus à jamais après s’être adonné au forfait-trio « sexe, drogue et rock’n’roll ».
En 1980, déporté dans son propre pays avec 40% de ses concitoyens, il se fait moine Krishna pour se refaire une santé existentielle et récupérer sa créativité gravement atteinte par les années disco. Pendant huit ans donc, il fait du yoga et mange du yogourt, et la guitare est chose du passé. Mais la musique se vit maintenant au quotidien, car chez Krishna, prier c’est chanter en jouant des cymbales et du tambour, sur la rue comme au Temple. Un peu comme chez les Cadets, mais sans cheveux, et avec une robe couleur safran, le linceul de la moooooooooooort.
Puis en 1987, le pays rentre au port et la culture refait surface. Naît le VOIR, et Laurence Jalbert sort son premier tube. Vanasse ne fait pas exception ; il reprend son plectre, ses deuils et sa tignasse pour atterrir sur la planète séquenceur-batterie-numérique-guitare-synthétiseur. En effet, durant ses années de gloire anonyme dans les bars de fièvre nocturne, il avait été grandement frustré d’être relégué au wah-wah, pendant que le claviériste jouait « l’air de la chanson », surtout pendant El Bimbo et Wow!, d’André Gagnon. Pendant quelques années, donc, il écrira des chansons et les arrangera à son goût avec toutes ces belles machines. Trompettes, violons, chœurs, coussins harmoniques sirupeux, tout y passe, et rien n’est épargné.
Mais soudain, une réflexion vient le hanter : à soixante-quatre ans (when I’m 64 ; la pognes-tu?), vais-je continuer à faire de la musique avec une maudite machine ? Il se tourne alors vers un vieux rêve qu’il nourrit depuis le temps où il jouait Jeux Interdits pour attirer l’attention des filles sur autre chose que son champ de fraises : le flamenco ! Et pourquoi pas le jazz ! Dorénavant, la guitare tiendra le premier rôle ; elle chantera, pleurera, racontera plein d’histoires et dira ce qu’aucun mot, aucune image ne saurait traduire. Roulement de tambour ! |